Meditation urbaine,
Huile sur toile

Urbo

Une rue, un arbre, des pavés, la pluie.....C'est comme ça que j'imaginais la vie en province, avec en prime parfois une rivière d'eau boueuse traversant une ville triste et même pas austère. Des dimanches claquemurés au milieu des repas de famille jusqu'à quatre heures de l'après-midi. A quinze ans, je m'y imaginais seule, livrée à un destin tissé d'ennui et de mornes vagabondages.
Si je n'avais pas rencontré Jasmin, peut-être que je me figurerais encore ainsi la vie en province, évoquée par de piètres images accrochées au mur des cafés parisiens.
Mais j'ai appris que les villes vivent. Toutes les villes. Certaines ne s'embarrassent pas d'artifices. Je confondais la banlieue et la province. De toutes façons, j'avais à cette époque une vison tellement faussée du monde que si je n'avais pas rencontré l'amour, cela aurait pu très mal tourner. Je ne savais pas que l'on pouvait être seule partout, il suffisait de le vouloir.
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Jasmin me demandait parfois
si ce que nous vivions était de l'ordre du réel, et souvent je lui répondais que peut- être que le réel n'a pas d'ordre.