26. juil., 2022

Petites pensées du jour...

                              

- Mercredi 6juillet 2022 :

Je commence à emballer les livres qui sont dans le salon, pour que Christian puisse repeindre les murs. Les cartons seront groupés au centre de la pièce. Cela m'attriste d'avoir la sensation de déménager.

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- Jeudi 7 juillet 2022 :

     Un des pétunias n'a pas résisté à la chaleur. Il se dessèche

      malgré l’arrosage.

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- Vendredi 8 juillet 2022 :

     Ce matin, j’ai dit à l'oreille des petites coccinelles asiatiques qui se baladaient sur les feuilles perforées de mon rosier de revenir ce soir.

Car le soir, on peut apercevoir les petites larves de tenthrèdes à l’œuvre. Elles transforment les feuilles en dentelle, et constitueraient un excellent festin pour coccinelles orangées multi tachetées….

Mais les insectes n'en font qu’à leur tête….

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- Samedi 9 juillet :

Juin 1967. Nous passions devant les jardins fleuris.

Mon père s’exclamait :-« Ah ! les ’ptivoines ’ont éclos !...

Et je lui répondais : « - c’est déjà des gros ‘voines’ ! »

Avec l’insouciance infantile, j’admirais ensuite les fourmis qui envahissaient les massifs de myosotis. Les Dahlias rouges me souriaient. C’était dimanche, l’école était finie.

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- Dimanche 10 juillet :

Il y avait Simoun, le chien boxer dans la cour des voisins.

Mon père disait que les chiens qui aboient très fort ne mordent pas. Et mon frère ajoutait que quand les chiens passent, la caravane aboie.

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- Lundi 11 juillet :

        Je n’ai vu les flamants roses qu’au passage de la seconde

        licorne.

Ça s’était passé un peu comme cette première fois, mais

quand j’étais effectivement devenue une femme peintre.

 Les chats m’ont regardé d’une manière étrange.

Maman me disait souvent : « ça va passer ! »….Mais souvent, ça ne passait pas.

 

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        -Mardi 12 juillet :

          Il fait très chaud aujourd’hui. Ça me rappelle les étés de mon enfance. Je n’osais pas m’approcher de la rivière. Ma cousine disait qu’il y avait des crocodiles dedans. Il ne fallait pas les déranger.

Pour le goûter, on nous donnait une tranche de pain et une barre de chocolat. Comme la plupart des enfants, je mangeais d’abord le pain, pour pouvoir ensuite déguster le chocolat, mais il avait fondu dans mes mains.

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- Mercredi 13 juillet :

Ils savaient. C’est Albert, le fils de la concierge qui les avait prévenus. Il était policier et 3 jours avant, il avait frappé à leur porte pour les prévenir que les juifs allaient être pris et mis dans des bus vers une destination inconnue. Mon père avait 16ans et il est allé frapper chez toutes les familles juives du quartier pour leur dire de partir. Beaucoup d’entre eux ne savaient pas ou aller. Ceux qui vivaient en France depuis longtemps pensaient qu’ils seraient faits prisonniers en Allemagne pour travailler….C’était la guerre !...Et puis, ils reviendraient ! Et puis, la police française ne leur ferait pas de mal….

Les miens se sont cachés chez la voisine. A travers la porte, ils ont entendu les policiers français forcer la serrure de leur appartement et dire que les lits étaient encore chauds.

Ils ne sont sortis que deux jours plus tard. Il y avait encore deux autobus gris stationnés dans la rue. Mon père avait arraché son étoile jaune.

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